23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:45

 

                                                                                                  

Écouter sans comprendre, regarder sans voir

 

Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

 

Matthieu 13, 10-17

 

 

« Il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » dit le proverbe. À plus forte raison quant il s’agit de la parole de Dieu et que celle-ci va à l’encontre des désirs de ceux qui se laissent guider par leurs passions (2 P 3, 3). Le cœur de ce peuple s'est alourdi. C’est le matériel, le bagage, qui alourdit. Qui s’attache aux réalités matérielles ne peut prendre son envol spirituel. Parfois, il suffit de bien peu de choses : « Qu'importe qu'un oiseau soit attaché d'un fil mince ou d'une corde ? Car, pour fin que soit le fil, l'oiseau y demeurera attaché comme à la corde, tant qu'il ne le brisera pas pour voler » (Jean de la Croix). 

 

« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »  Bon Pasteur parti à la recherche des brebis perdues d’Israël (Mt 15, 24), Jésus s’abaisse à leur niveau et part des réalités matérielles auxquelles celles-ci se sont malencontreusement attachées pour chercher à élever leur esprit aux réalités spirituelles qui échappent à leur entendement. Le disciple qui souhaite porter la Bonne Nouvelle du Salut doit également partir de là où se trouve son auditoire s’il désire attirer son attention et l’amener là où son imagination ne soupçonne même pas l’existence : « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Co 9, 22). Nous nous laissons enfermer dans des paradigmes, une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée) (Wikipedia),  et qui excluent toute autre manière de concevoir les choses. Au plan spirituel il y a un choix fondamental à faire : Dieu ou l’argent (Mt 6, 25).

 

Les disciples ont choisi de suivre Dieu et ce, aussitôt (Mt 4, 20.22), qu’ils y ont été invités. À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. À qui s’engage dans la voie spirituelle, l’Esprit révèle chaque jour davantage des mystères du Royaume des cieux, qui est Dieu, quel est son plan de salut… et cette connaissance va en s’approfondissant si bien que celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance.

 

Inversement, ceux qui prennent le chemin contraire, et s’attachent aux réalités matérielles, se désintéressent graduellement de Dieu et leurs yeux deviennent incapables de voir au-delà du tangible immédiat ce qui n’est pas sans rappeler le proverbe : « Quand le sage montre la lune, le sot regarde de doigt ». À eux s’applique la deuxième portion de la sentence : celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.  Il s’agit d’une manière de s’exprimer car Dieu n’enlève rien, ce sont nos choix qui peuvent nous éloigner de Lui. Le résultat est cependant le même, l’attachement au sensible risque de nous faire perdre tout sens spirituel, nos oreilles devenant dures aux appels à la conversion que le Seigneur ne manque pas de nous adresser : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20). Dieu, qui veut notre bien mais respecte notre liberté ne peut alors que s’en désoler : « Sinon, je les aurais guéris ! ».

 

Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Nous devons nous montrer reconnaissants envers Dieu et ceux qui s’en sont faits les témoins dans notre vie, pour le don de la foi et pour nous avoir ouvert les yeux aux réalités d’En-Haut car nous ne les avons pas découvertes de nous-mêmes mais qu’elles nous ont été révélées.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:37

 

 

Demeurer en Dieu

 

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

 

Jean 15, 1-8

 

 

Demeurez en moi, comme moi en vous. Comment demeure-t-on en Dieu ? De la même manière que Lui en nous : par l’amour. Cet amour n’est pas que paroles mais action : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (Jn 14, 23). Demeurer, rester fidèle, voilà de bien étranges paroles dans le monde de l’éphémère où l’on jette après usage, où tout est régi par la loi de l’offre et de la demande, même les relations humaines alors que l’on s’intéresse à nous dans la mesure où nous avons quelque chose de particulier à offrir. Inversement, le Seigneur est bon: sa fidélité est pour toujours, et sa loyauté s'étend d'âge en âge (Ps 100, 5). L’amour se valide par la durabilité, le passage du temps. Si Dieu semble nous abandonner occasionnellement et que nous connaissons la sécheresse spirituelle c’est pour nous inciter à la loyauté et à la gratuité de l’amour véritable. Parmi les plus belles paroles d’amour que j’aie entendues se trouvent celles d’un ami à l’intention de son épouse qui s’inquiétait de ce qui allait lui arriver le jour où elle deviendrait un fardeau inutile pour lui et ce dernier de répondre : « Je vais rester à tes côtés non pas pour ce que tu vas être à ce moment mais pour ce que tu as été pour moi tout au long de notre vie à deux ».  L’amour est mémoire, mémoire qui incite à la fidélité. Dans notre relation à Dieu, cette mémoire nous rappelle que nous avons tout reçu de Lui, « Qu’as-tu donc que tu n’aies d’abord reçu? » (1 Co 4, 7), et son corollaire, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Porter du fruit pour Dieu, c’est transmettre au monde quelque chose de son amour. Si nous ne puisons pas cet amour à sa Source, nous nous dessécherons rapidement et deviendrons rapidement aigris face à un monde ingrat qui en redemandera davantage. L’absence de reconnaissance, loin de décourager le croyant, devrait stimuler ce dernier car ceux qui reçoivent considération du monde « tiennent déjà leur récompense » (Mt 6, 2.5) de celle-ci alors que lui vise à  manifester l’Amour à qui le méconnaît et souffre inconsciemment de son ignorance.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 00:39

 

 

Marie !

 

Après la mort de Jésus, le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

 

Jean 20,1.11-18

 

 

Nous n’avons pas un Dieu impersonnel, une énergie diffuse qui agit au gré du hasard. Notre Seigneur se décrit comme « le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis… je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 11,14). Le bon Pasteur connaît chacune de ses brebis individuellement et vit à leurs côtés jour et nuit. C’est Lui le Pasteur de la parabole : « "Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée? Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules » (Lc 15, 4-5).

 

Marie-Madeleine était une de ces brebis perdues qui a fait l’expérience de la miséricorde du Bon Pasteur parti à sa recherche. Lorsqu’il ressuscite elle ne le reconnaît pas à son apparence ni au son de sa voix mais lorsqu’il l’appelle par son nom : « Marie ! ». Comment peut-elle ne pas l’avoir reconnu aux apparences ? Cela est mystérieux mais pas unique. Les disciples d’Emmaüs ont fait la même expérience ne l’ayant reconnu qu’à la fraction du pain bien que leur cœur ait été tout brûlant au-dedans d’eux, quand il leur parlait en chemin, quand il leur expliquait les Écritures (Lc 24, 32.35). C’est que le Christ ressuscité se laisse dorénavant reconnaître à travers le voile clair-obscur de la foi et non sous l’apparence humaine qu’il a revêtu pour faire connaître le Père et sa volonté. Comme Marie-Madeleine nous sommes invités à être attentifs à cette voix qui nous appelle par notre propre nom, à cette voix qui nous instruit des Écritures et de la volonté divine au plus profond de notre être, qui grave sa Loi dans notre cœur (He 8, 10).

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 03:19

 

 

Comment être agréables à Dieu ?

 

L'homme qui entre dans le Temple pose cette question : « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur, me prosterner devant le Très-Haut ? Dois-je me présenter avec de jeunes taureaux pour les immoler en sacrifice ? Pour lui plaire, faut-il offrir des centaines de béliers, verser de l'huile à flots sur l'autel ? Faudra-t-il que j'offre mon fils aîné pour ma faute, le fruit de mes entrailles pour mon péché ? » Et il reçoit cette réponse : « Homme, le Seigneur t'a fait savoir ce qui est bien, ce qu'il réclame de toi : rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu. »  

 

Michée 6, 6-8

 

 

L’homme dont parle Michée se présente devant Dieu avec les mêmes dispositions que s’il se présentait devant un chef de nation qui domine sur elle en maître ou un grand qui fait sentir son pouvoir (Mc 10, 42). Ses préoccupations sont d’abord d’ordre protocolaire : « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur, me prosterner devant le Très-Haut ? » Puis, il cherche comment « acheter » les faveurs de Dieu ou le tribut à verser pour apaiser sa colère. Vains demeureront les efforts de cet homme car il cherche à établir une relation de pouvoir avec Celui qui est Amour : « Homme, le Seigneur t'a fait savoir ce qui est bien, ce qu'il réclame de toi : rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu. »  Pire, n’est-ce pas injure à faire à Celui qui se donne gratuitement de vouloir monnayer son Amour ?

 

Pour ce qui est du protocole, celui qui se présente devant le Seigneur se doit de demeurer silencieux, particulièrement dans les lieux qui Lui sont consacrés, non par souci d’observance d’une règle externe mais afin de faciliter l’écoute, la sienne et celle des autres, du Dieu qui s’exprime dans le son imperceptible d’une brise légère (1 R 19, 12) que le bourdonnement de l’activité humaine aura tôt fait de couvrir.

 

Quant à être agréable à Dieu, la seule manière c’est d’accueillir son amour et de le redistribuer autour de nous. Marcher humblement avec Dieu, c’est reconnaître avoir tout reçu de Lui et, sachant ne rien posséder en propre, mettre son être et ses avoirs au service de Dieu et du bien commun.  Conséquemment, pratiquer la justice c’est d’abord respecter le principe de la destination universelle des biens, tant spirituels que matériels, et ne pas s’approprier ce qui nous a été confié en fidéicommis pour le bien du plus grand nombre. Marcher humblement avec Dieu c’est également se reconnaître pécheur et faire preuve envers autrui de la même miséricorde que celle que nous attendons de Dieu à notre égard, aimer la miséricorde, seule garante de notre salut : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7).

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 04:52

 

À quoi comparer le Royaume des cieux ?

 

« Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C'est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.   

 

Matthieu 13, 31-35

 

 

La graine de moutarde c’est d’abord le Christ inséré dans le champ de notre monde par le Père pour y porter le fruit du salut. Plus petite de toutes les semences, ayant revêtu la chair et s’étant même fait le plus humble d’entre les hommes, le fils du charpentier (Mt 13, 55), non pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude (Mc 10, 45), c’est lorsqu’il meurt, à l’instar de la graine de moutarde, que commence à pousser l’arbre de son Église, un arbre aux multiples branches comme autant de bras prêts à accueillir et à nourrir ceux qui souhaitent parvenir à la cité céleste.

 

En comparaison, on peut associer l’Esprit Saint au levain enfouit en ce que son action est invisible mais à la fois essentielle pour que la pâte puisse lever, pour nous permettre d’espérer accéder au Royaume au terme de notre course. « Nul ne peut dire: " Jésus est Seigneur ", si ce n'est par l'Esprit Saint » (1 Co 12, 3). L’Esprit Saint est le moyen qui nous est donné d’accéder via le voile clair-obscur de la foi à la connaissance du Dieu invisible et de ce qu’Il attend de nous.

 

S’il nous est donné d’espérer vivre en compagnie de notre Père des cieux, c’est à l’action des deux autres personnes divines, le Fils et l’Esprit, que nous le devons, action qui n’est pas autre chose que de révéler le Père et son Amour infini pour l’homme qu’il a créé. Accueilli et retransmis, répandu autour de nous, cet amour porte en lui les germes de l’éternité.

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 07:16

 

 

Voici mon serviteur

 

Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : « Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom. » 

 

Matthieu 12, 14-21

 

 

Le serviteur du Père, c’est d’abord le Fils, modèle de tous ceux qui, à sa suite, désirent se faire les serviteurs de Dieu.

 

Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Le devoir premier du serviteur de Dieu est de rendre témoignage à la Vérité, encourager le bien et dénoncer ce qui est mal aux yeux du Seigneur, le refus d’écouter sa voix (Jr 18, 10), Vérité qui s’exprime d’abord dans les Écritures mais aussi universellement, quoique de manière plus diffuse, par la conscience. Faire connaître la Vérité demande force et discernement qui nous feraient défaut sans l’assistance de l’Esprit Saint.

 

Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Il s’agit ici de juger les actes et non ceux qui les commettent. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 38). Celui qui a faibli n’a pas besoin d’être écrasé, il a besoin d’encouragements pour l’inciter à faire le bien et à s’éloigner du mal. Condamner le pécheur, c’est ramasser l’ivraie du champ et risquer d’arracher en même temps le blé » (Mt 13, 29). Rien n’est jamais perdu aux yeux de Dieu qui, tout au long de l’Ancien Testament, fait miséricorde à ceux qui se repentent de leur conduite, leur évitant le châtiment auquel celle-ci les avait exposés.

 

Les nations païennes mettent leur espoir en son nom. À plus forte raison faut-il s’abstenir de fermer les portes du Royaume à ceux qui pèchent par ignorance de Dieu et de sa volonté. Ces derniers, mis en contact avec la lumière de la Vérité et encouragés de voir que rien n’est encore perdu bien qu’ils aient pu errer dans l’obscurité du péché, développent l’espérance d’accéder au salut.

 

Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques. Le serviteur de Dieu est discret, il n’attire pas l’attention sur lui mais sur Dieu et sa Volonté.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 04:53

 

 

C’est la miséricorde que je désire

 

En ce temps-là, Jésus passait, un jour de sabbat, à travers les champs de blé, et ses disciples eurent faim ; ils se mirent à arracher des épis et à les manger. En voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, ainsi que ses compagnons ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l'offrande ; or, cela n'était permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seulement. Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre aucune faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices, vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. »  

 

Matthieu 12, 1-8

 

 

La mission du croyant consiste à s’efforcer de reproduire l’image de Dieu, son Père, le « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Nb 34, 6). Quand Jésus parle de l’héritage qu’il laissera après son départ, il fait mention du Défenseur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jn 14, 26). À l’inverse, l’apôtre Jean, dans le livre de l’Apocalypse décrit l’Ennemi antique de Dieu comme étant l’Accusateur : « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu » (Ap 12, 10). Chacun d’entre nous est donc placé devant un choix de vie fondamental : s’associer au camp des accusateurs ou à celui de ceux qui manifestent la miséricorde.

 

Pourquoi devrions-nous nous montrer miséricordieux ? Parce que n’ayant pas en main tous les éléments nous permettant de nous faire une idée, nous jugeons sur les apparences et non sur le fonds, le jugement étant le privilège exclusif de Dieu : « Moi, Yahvé, je scrute le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun d'après sa conduite, selon le fruit de ses œuvres » (Jr 17, 10). Nous ignorons tout du contexte où le geste reproché a été posé, Jésus affirme dans le cas présent qu’aucune faute n’a été commise : vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. Plus encore, nous devons nous abstenir de juger parce que nous ne valons pas mieux que ceux que nous condamnons, faisant pire qu’eux ou étant susceptibles de le faire dans des circonstances analogues : « Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! » (Lc 6, 41). Accuser les autres ne nous disculpera pas, cela ne fera qu’aggraver notre responsabilité : « de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour » (Lc 6, 38).

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 06:12

Bonne vacances à tous, amis lecteurs ! Les miennes débutent aujourd'hui pour huit jours. Puissions-nous tous y trouver le repos espéré pour refaire nos forces !

 

 

 

Trouver le repos

 

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

 

Matthieu 11, 28-30

 

 

En ce temps de vacances, nous cherchons tous à trouver un endroit où nous reposer et refaire nos forces. Jésus, pour sa part, nous propose de trouver le repos en lui : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ».

 

Quel est-il ce repos ? Essentiellement, l’absence de stress découlant de l’abandon à la divine Providence : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Considérez les corbeaux… Considérez les lis… Vous non plus, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez; ne vous tourmentez pas. Car ce sont là toutes choses dont les païens de ce monde sont en quête; mais votre Père sait que vous en avez besoin. Aussi bien, cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît » (Lc 12, 22-31). Nous n’avons pas de soucis à nous faire au plan matériel car nous avons un Père qui veille sur nous Lui laissons les rênes de notre vie. Nous n’avons guère plus à nous inquiéter au plan spirituel car ce Père est miséricordieux, « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Nb 34, 6), et pardonne nos fautes pour peu que nous les reconnaissions humblement dans le sacrement de Réconciliation et que nous nous efforcions de nous améliorer. Ce sont les soucis qui nous minent, certains affirmant que le stress est un des plus grands fléaux de la civilisation moderne. Redécouvrons l’enfant de Dieu en nous. Non seulement s’agit-il d’un antidote efficace au mal du stress mais encore cela nous facilitera l’accès à la vie éternelle : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi; car c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume des Cieux » (Mt 19, 14).

 

Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. Quel est ce joug, cette contrainte qui, loin d’écraser, libère ceux qui s’y soumettent ? Il consiste à laisser l’Amour imprégner notre vie et de ne rien faire qui ne soit pas motivé par l’amour de Dieu et du prochain. Qui agit de la sorte devient un véritable disciple du Christ doux et humble de cœur. Plus encore, il trouve le repos car rien ne semble pénible à celui qui se laisse transporter par les ailes de l’amour et qui se découvre même des forces qu’il ne se connaissait pas, fruit des grâces du Dieu d’où tout amour tire son origine, « Lui nous ayant aimés le premier » (1 Jn 4, 19).

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 23:59

 

 

Malheur à l’orgueilleux !

 

Parole du Seigneur : Malheur à l'Assyrien, l'instrument de mon indignation, lui qui est mon bâton, l'exécuteur de ma colère. Je l'envoie contre une nation impie, je lui donne pouvoir contre un peuple qui excite ma fureur, pour emporter ses dépouilles et le mettre au pillage, pour le fouler aux pieds comme la boue des chemins. Mais lui, il ne l'entend pas ainsi, ce n'est pas du tout ce qu'il pense : ce qu'il veut, c'est détruire, exterminer quantité de nations. Il se dit : « J'ai agi par ma propre force, et par ma sagesse, car j'ai l'intelligence. J'ai supprimé les frontières des peuples, j'ai pillé leurs trésors, et, comme un dieu, j'ai détrôné des rois. Comme sur un nid, j'ai mis la main sur les richesses des peuples. Comme on ramasse des œufs abandonnés, j'ai ramassé toute la terre, et il n'y a pas eu un battement d'aile, pas un bec ouvert, pas un cri. » Est-ce que le ciseau se glorifie aux dépens de celui qui s'en sert pour tailler ? Est-ce que la scie s'enorgueillit aux dépens de celui qui la tient ? Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c'était le morceau de bois qui soulevait l'homme ! C'est pourquoi le Seigneur Dieu de l'univers fera dépérir ces soldats bien nourris, et par-dessous leur gloire s'allumera un brasier, le brasier d'un incendie.

 

Isaïe 10,5-7.13-16

 

 

Les livres anciens, s’ils avaient une connaissance imparfaite de Dieu que seul Jésus pouvait venir préciser, « personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27), ils n’en contiennent pas moins de précieuses indications sur la relation entre l’homme et Dieu. Dieu est Père et, comme la plupart des pères ici-bas, il laisse ses enfants « vivre leur vie » à leur guise lorsque ces derniers en formulent le souhait et ont atteint l’âge où l’on peut s’attendre qu’ils sont en mesure de l’exercer de façon responsable. Cela lui déchire le cœur mais Il ne peut aller à l’encontre de la volonté clairement exprimée par ses enfants de le mettre hors-jeu. Il ne les « punit » pas comme en donne trop souvent l’image de l’Ancien Testament influencé par la mentalité de l’époque où il a été rédigé et où les hommes établissaient essentiellement des relations de pouvoir entre eux. Méconnaissant l’Amour, ils ne pouvaient envisager autrement leur relation à Dieu. Avec ce que nous connaissons de Dieu aujourd’hui, il serait étonnant  qu’Il ait expressément envoyé l’Assyrien répandre le malheur chez le peuple qu’Il s’était choisi. Cependant, nous pouvons penser que Dieu empêchait ce dernier de sévir contre son peuple, protection invisible mais non moins réelle qu’Il lui a retirée en raison de son impiété. Si Dieu permet le mal, c’est dans l’espoir d’en retirer un bien plus grand encore, ici le retour éventuel de ses enfants vers Lui et leur salut éternel.

 

L’Assyrien pèche tout autant par orgueil que le peuple élu, il attribue à ses seuls mérites ses succès militaires : Il se dit : « J'ai agi par ma propre force, et par ma sagesse, car j'ai l'intelligence. J'ai supprimé les frontières des peuples, j'ai pillé leurs trésors, et, comme un dieu, j'ai détrôné des rois. Comme sur un nid, j'ai mis la main sur les richesses des peuples. Comme on ramasse des œufs abandonnés, j'ai ramassé toute la terre, et il n'y a pas eu un battement d'aile, pas un bec ouvert, pas un cri. » Il ne réalise pas avoir été involontairement l’instrument de la volonté divine : Est-ce que le ciseau se glorifie aux dépens de celui qui s'en sert pour tailler ? Est-ce que la scie s'enorgueillit aux dépens de celui qui la tient ? Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c'était le morceau de bois qui soulevait l'homme ! Aussi, connaîtra-t-il à son tour le malheur, d’autant plus que le Seigneur met des limites au mal qu’il permet de s’exercer : Mais lui, il ne l'entend pas ainsi, ce n'est pas du tout ce qu'il pense : ce qu'il veut, c'est détruire, exterminer quantité de nations. Nombre de nos contemporains se sont malheureusement rangés dans le camp de l’Assyrien, mettant toute leur confiance, si ce n’est dans leur force, à tout le moins dans leur science, au point de se penser les égaux de Dieu ou de nier son existence, s’arrogeant le privilège exclusif de ce Dernier de décréter ce qui est bien ou mal ou, pire, de ne pas se questionner sur l’aspect moral de leurs actes, les seules chose ne pouvant être faites devenant celles que l’avancement technologique ne   rend pas encore possibles. L’orgueil fait peser sur eux cette menace : par-dessous leur gloire s'allumera un brasier, le brasier d'un incendie.

 

En revanche, le Seigneur a toujours pitié des humbles qui crient vers Lui leur détresse face au mal : « d'un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n'as point de mépris » (Ps 51, 19). La Vierge Marie résume dans le Magnificat tout l’Ancien Testament, l’histoire de l’homme et celle de sa relation avec Dieu, qui n’est autre que l’histoire du Salut, ainsi que le lien privilégié qui lie les humbles à Dieu et l’impossibilité pour les orgueilleux de connaître l’Amour :

 

Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom,

et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe.

Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,

Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.

Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, --

selon qu'il l'avait annoncé à nos pères -- en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais! (Lc 1, 49-55)

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 02:01

 

 

Une responsabilité variable

 

Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas converties : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence. En tout cas, je vous le déclare : Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous, au jour du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville subsisterait encore aujourd'hui. En tout cas, je vous le déclare : le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi, au jour du Jugement. »

 

Matthieu 11, 20-24

 

 

Plus Dieu multiplie les prouesses de sa Providence, plus s’accroît la responsabilité de ceux qui en sont témoins d’accueillir et de transmettre l’Amour. Aussi, si nous sommes tentés de conditionner notre adhésion à Dieu à la manifestation de signes tangibles de sa part, réfléchissons à ce qui suit : les signes viendront probablement mais ne seront que des signes, des événements qui, si merveilleux soient-ils, laisseront toujours place à la liberté humaine d’adhérer à Dieu ou non et, le cas échéant où nous nous obstinerions à rejeter Dieu, ne feraient qu’aggraver notre responsabilité au jour du Jugement. Sommes-nous bien sûrs de vouloir emprunter une telle voie ? Nous voyons ici la face opposée de la déclaration de Jésus à Thomas : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » (Jn 21, 29) que nous pouvons traduire comme suit : « Malheureux ceux qui ont vu et qui n’ont pas cru ».

 

Certains seront peut-être tentés de fermer les yeux pour ne pas voir et ainsi limiter leur responsabilité face à Dieu. De même que nul n’est censé ignorer la loi, l’apôtre Paul les avertit : « Ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu'ils sont inexcusables; puisque, ayant connu Dieu, ils ne lui ont pas rendu comme à un Dieu gloire ou actions de grâces, mais ils ont perdu le sens dans leurs raisonnements et leur cœur inintelligent s'est enténébré » (Rm 1, 20-21). Un prêtre de mon coin de pays déclarait récemment dans son homélie : « Si je rentre chez moi tantôt et que je trouve une tarte aux pommes bien chaude sur la table, je ne me questionnerai pas à savoir comment cette tarte est arrivée là mais je me demanderai plutôt : qui m’aime assez pour avoir fait cela pour moi ? Telle doit être notre réaction face à la création et aux autres bienfaits de Dieu à notre égard ». Ceux qui croient au hasard affirment qu’il existe assurément d’autres formes de vie intelligente dans l’univers. Quand je regarde les milliards d’étoiles dans le firmament je préfère m’émerveiller devant l’infinie générosité et l’amour sans borne d’un Dieu qui a pu créer tout cela pour une créature aussi petite et ingrate que l’homme.

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