31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:56

 

 

Donnez-leur vous-mêmes à manger

 

Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l'écart. Les foules l'apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes. Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : « L'endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi ici. » Puis, ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

 

Matthieu 14, 13-21

 

 

Donnez-leur vous-mêmes à manger. Nous sommes les premiers responsables du bien-être de nos frères. Qui pense n’avoir aucune responsabilité envers autrui se range dans le camp de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9). Jésus nous avise d’ailleurs que nous aurons des comptes à rendre pour le support que nous aurons omis d’apporter aux plus nécessiteux : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli, nu et vous ne m'avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m'avez pas visité. Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour: Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir? Alors il leur répondra: En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait » (Mt 25, 41-45).

 

Peut-être serons-nous tentés de nous soustraire à nos obligations en raison du manque de moyens ? « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons ». Notons d’abord que la plus grande souffrance vient souvent de l’isolement dans lequel enferme l’indigence et que son antidote, la compassion, souffrir avec l’autre, est à la portée de tous. D’autre part, mère Teresa note judicieusement qu’il n’y a pas de contribution insignifiante  quand vient le temps de combattre la misère humaine : « Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais si nous n’existions pas cette goutte d’eau manquerait à l’océan ». Enfin, nous pouvons être assurés que Dieu saura pallier au manque de moyens matériels par l’intervention de sa Providence. Notre Père sait bien ce qu'il nous faut (Mt 6, 8) et nous nous laissera pas manquer du nécessaire, à plus forte raison quand il s’agit de prêter assistance à autrui.

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 03:45

 

 

Au delà de l’homme, voir Dieu

 

En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l'anniversaire d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa devant tout le monde, et elle plut à Hérode. Aussi s'engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l'apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, l'ensevelirent et allèrent en informer Jésus.

 

Matthieu 14, 1-12

 

 

En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. » Hérode est un homme charnel, il ne peut voir au-delà de ce que ses cinq sens perçoivent. Il considérait de toute évidence Jean le Baptiste comme un être d’exception, non pas comme un homme ordinaire à travers qui Dieu agissait de façon extraordinaire. Il attribuait à l’homme le pouvoir de faire des miracles plutôt qu’au Dieu qui est à leur origine. Aussi quand il apprend l’existence d’un autre « faiseur de miracles » ne voit-il pas en lui le Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt 16, 16) ou même un envoyé de Dieu mais la réincarnation de Jean le Baptiste. Cette erreur est similaire à celle des contemporains de Jésus qui ne pouvaient voir autre chose que le fils du charpentier en lui (Mt 13, 55) et qui étaient choqués (Mt 13, 57) de leur incapacité à expliquer sa sagesse ou ses miracles (Mt 13, 54) ne pouvant s’imaginer que Dieu puisse agir à travers lui ou, mieux encore, reconnaître qu’il puisse être le Fils de Dieu : « Nous avons une Loi et d'après cette Loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu » (Jn 19, 7).

 

Nous-mêmes tombons dans le même piège si nous cherchons à discréditer quelqu’un à travers qui Dieu s’exprime en faisant ressortir ses travers ou même sa vie passée. Nous devrions au contraire nous émerveiller de ce que « la puissance (de Dieu) se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12, 9) de sorte qu’il n’y ait pas de doute quant à son origine et que toute gloire en soit attribuée à Dieu et non à l’humble instrument qu’il s’est choisi. Pire, certains en viennent à perdre la foi lorsqu’ils constatent la nature faillible des hérauts de Dieu, faiblesse qui devrait, au contraire, les inciter à l’humilité et à considérer que ce qui sort de bon de l’humain, incluant eux-mêmes, ne peut provenir que du seul Bon (Lc 18, 19), le Créateur de toutes choses.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 04:04

 

 

Niveler par le bas

 

Jésus alla dans son pays, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu'ils étaient frappés d'étonnement et disaient : " D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N'est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d'où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à cause de lui. Jésus leur dit : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

 

Matthieu 13, 54-58

 

 

Ils étaient profondément choqués à cause de lui, la Bible des peuples dit : C’est ainsi qu’ils butaient et ne l’acceptaient pas. L’homme est ainsi fait qu’il se contrarie de ce qui distingue les autres de lui, particulièrement s’il s’agit d’un talent lui fait défaut. Devant la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, d’élever la masse au niveau des plus doués,  il cherchera à rabaisser ces derniers ou les privera d’un environnement propice pour développer le talent particulier qui est le leur plutôt que de se réjouir que Dieu ait gratifié de la sorte un des siens et aider celui-ci à mettre en valeur ce don du ciel pour qu’éventuellement tous en bénéficient. Hélas, que de talents j’ai vus se gaspiller au fil des ans faute d’un support adéquat !  Quelle perte pour la société !

 

On retrace ce refus des différences, pourtant voulues par Dieu pour que nous nous enrichissions mutuellement de nos talents respectifs et ainsi susciter l’unité dans la diversité, aux origines de l’homme alors que Caïn a pris ombrage de ce que les offrandes de son frère Abel ait été plus agréables que les siennes aux yeux de Yahvé (Gn 4, 3-8). Il a préféré tuer son frère plutôt que d’apprendre de celui-ci comment être davantage agréable à Dieu. On voit également le prophète Jérémie menacé de mort pour avoir exhorté le peuple à se convertir à la demande expresse du Seigneur : Et quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir ! Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que ce Temple deviendra comme celui de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants ? » (Jr 26, 8-9). Le rejet de Jésus par ses contemporains qui refusent de voir en lui autre chose que le fils du charpentier origine de ce vieux réflexe instinctif de vouloir gommer les différences.

 

Si nous rencontrons des personnes avec des talents ou un potentiel supérieur au notre, aidons-les à aller au maximum de leurs capacités pour que, s’élevant, elles nous entraînent dans leur sillage et contribuent à rendre le monde meilleur, et nous avec,  conformément à la volonté de son Créateur. À l’inverse, niveler par le bas, c’est refuser les grâces divines et priver la société d’un apport dont elle aurait bien besoin : Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 04:36

 

 

Un Dieu qui parle dans les événements

 

La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie : « Va, descends à la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes paroles. » Je descendis donc à la maison du potier. Il était en train de travailler sur son tour. Le vase qu'il façonnait de sa main avec l'argile fut manqué. Alors il recommença, et il fit un autre vase, qu'il jugea satisfaisant. Alors cette parole du Seigneur me fut adressée : « Maison d'Israël, est-ce que je ne pourrais pas vous traiter comme fait ce potier ? déclare le Seigneur. Oui, comme l'argile est dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d'Israël !

 

Jérémie 18, 1-6

 

 

Dieu parle dans les événements, exceptionnellement dans les grands comme les miracles ou les catastrophes mais, le plus usuellement, dans les scènes les plus communes de la vie quotidienne de façon toute aussi imperceptible que le bruit d’une brise légère (1 R 19, 12) dans lequel Il s’est adressé au prophète Élie. Pour L’entendre, le croyant doit développer un sixième sens, le sens du spirituel, être à l’écoute de l’Esprit de Dieu, de ses motions. « La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie : « Va, descends à la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes paroles.» Peut-être Dieu a-t-il interpellé de vive voix Jérémie mais cela peut aussi être une façon de s’exprimer et peut-être aussi que Dieu s’est adressé à lui comme à nous et Jérémie s’est-il senti « interpellé » à se rendre à la maison du potier. Rendu sur place, il a regardé ce dernier travailler. Peut-être encore Jérémie a-t-il entendu le son d’une voix mais il se peut tout aussi bien qu’il s’agissait d’une voix toute intérieure, imperceptible aux sens mais qui, pour celui qui y est attentif, est toute aussi claire que le son provenant d’une bouche. Comment savoir qu’il ne s’agit tout simplement pas de notre imagination ? Pour la motion initiale, il s’agit comme d’un besoin, d’une envie irrésistible, de se rendre quelque part  sans que cela ne soit justifié par des considérations personnelles telle la curiosité. Pour la seconde, il s’agit d’une vérité sur Dieu, ou sur notre relation avec Lui, à laquelle nous n’avions jamais songé ou même réfléchi à ce sujet, une lumière comme le eurêka d’Archimède, lumière que nous savons véridique car conforme à la Révélation que Dieu a fait du Lui dans les textes sacrés des Écritures.

 

Comme l'argile est dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d'Israël ! On retrouve la même comparaison dans Siracide : « Comme l'argile dans la main du potier, qui la façonne selon son bon plaisir, ainsi les hommes dans la main de leur Créateur qui les rétribue selon sa justice » (Si 33, 13). Qu’y a-t-il à comprendre ? Dieu, comme l’artisan, est patient et, comme le dit Boileau, « vingt fois sur le métier remet l’ouvrage », inlassablement interpelle l’homme pour qu’il se détourne de sa mauvaise conduite (Jn 3, 8) et qu’il revienne vers Lui : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20). Mieux encore, Il pardonne ! Il passe outre aux imperfections qu’Il a corrigées pour ne considérer que le produit final, l’œuvre qui a atteint son achèvement, l’âme qui a développé les dispositions requises pour se tenir en sa compagnie pour l’éternité.

 

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 05:29

 

 

Dans la tourmente

 

Malheur à moi, ô ma mère ! Pourquoi m'avoir enfanté, moi qui suis un élément de contestation et de dispute pour tout le pays ? Je ne suis le créancier ni le débiteur de personne, et pourtant tout le monde me maudit ! Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais ; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur, parce que ton nom a été invoqué sur moi, Seigneur, Dieu de l'univers. Jamais je ne me suis assis dans le cercle des moqueurs pour m'y divertir ; sous le poids de ta main, je me suis assis à l'écart, parce que tu m'as rempli d'indignation. Pourquoi ma souffrance est-elle sans fin, ma blessure, incurable, refusant la guérison ? Serais-tu pour moi comme un ruisseau décevant, aux eaux intermittentes ? À tout cela le Seigneur répondit : « Si tu reviens, si je te fais revenir, tu reprendras ton service devant moi. Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est méprisable, tu seras comme ma propre bouche. C'est eux qui reviendront vers toi, et non pas toi qui reviendras vers eux. Je te dresserai devant ce peuple comme un rempart de bronze infranchissable ; ils te combattront, mais ils ne pourront pas te vaincre, car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer. Je t'arracherai à la main des méchants, je te délivrerai de la poigne des violents. Parole du Seigneur. »

 

Jérémie 15,10.16-21

 

 

Je viens de regarder le film Douze ans d’esclavage basé sur l’autobiographie Twelve years a slave de Solomon Northup, un noir né libre à New-York kidnappé pour être vendu aux esclavagistes de la Louisiane. Quel est le rapport avec le livre de Jérémie ? C’est l’amour qui a permis à Northup de passer à travers cette épreuve : amour qu’il éprouvait pour sa femme et ses enfants  et amour dont il se savait aimé de sa famille et de ses amis qui lui donnait l’espérance pour ne pas dire la certitude d’être tiré de ce mauvais pas s’il parvenait à leur faire connaître sa situation, ce qui fut le cas.

 

Si l’amour de mortels peut procurer une telle force et une telle espérance, combien plus pouvons nous compter sur l’amour du Dieu qui est Amour ! Lui-même nous en fournit l’assurance : « Je te dresserai devant ce peuple comme un rempart de bronze infranchissable ; ils te combattront, mais ils ne pourront pas te vaincre, car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer. Je t'arracherai à la main des méchants, je te délivrerai de la poigne des violents. Parole du Seigneur ». L’apôtre Paul a lui aussi connu la tribulation et expérimenté la puissance de l’amour de Dieu qui le soutenait : « Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps » (2 Co 4, 8-10). Pourquoi ces difficultés pour le croyant ? C’est le rejet de l’Amour par un monde qui privilégie les relations de pouvoir, faisant de celui-ci une jungle où la loi du plus fort a préséance, qui en est la cause. Les puissants n’hésitent pas à faire sentir leur pouvoir (Mc 10, 42) pour se conforter dans leur vision erronée de l’existence et de sa fin qui est l’Amour.

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 05:47

 

 

Un Dieu qui est Amour

 

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés. Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

 

1 Jean 4, 7-16

 

 

Dieu est amour. Cela explique tout, résume tout. La création ? Elle résulte du besoin de l’Amour de se donner, de se communiquer. « L’image, la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 26) inscrite au plus profond de notre être ? L’amour, la capacité à aimer. Les différences entre les personnes divines, entre les personnes humaines, particulièrement entre hommes et femmes ? Elles tirent leur origine de l’amour : l’amour a besoin d’un autre différent de lui pour se donner gratuitement ; si je m’aime moi-même ou j’aime un clone de moi-même, on ne peut plus parler d’amour mais de narcissisme. La Trinite, un Dieu UN en trois personnes, s’explique par l’amour. Conséquemment, la ressemblance de Dieu que nous portons en nous s’exprime par la diversité des êtres humains : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (Gn 1, 27). Plus encore, la diversité facilite l’amour en engendrant le besoin de complémentarité, de mettre en commun nos forces pour compenser nos faiblesses et qu’ainsi le tout fasse plus que la somme des parties.

 

Les religions ? Elles ne devraient avoir d’autre préoccupation que l’amour sans quoi elles ratent le Dieu auquel elles prétendent conduire, ce que Jésus exprime ainsi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes » (Mt 22, 37-40). Le devoir du croyant ? Laisser l’amour imprégner chacun de ses actes : Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu… si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection… celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 06:02

 

 

Le Royaume des cieux est comparable à

 

Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l'ivraie au milieu du blé et s'en alla. Quand la tige poussa et produisit l'épi, alors l'ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : 'Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? ' Il leur dit : 'C'est un ennemi qui a fait cela. ' Les serviteurs lui disent : 'Alors, veux-tu que nous allions l'enlever ? ' Il répond : 'Non, de peur qu'en enlevant l'ivraie, vous n'arrachiez le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier. '

 

Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches.

 

Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé.

 

Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ.

 

Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.

 

Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.

 

C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien.

 

Matthieu 13, 24-30, 31-32, 33, 44, 45-46, 47-50,  52

 

 

Matthieu rapporte une série de sept comparaisons faites par Jésus pour nous communiquer certaines connaissances à propos du Royaume des cieux, principalement sur la manière d’y accéder. Ces comparaisons se divisent en trois paires auxquelles s’ajoute la septième.

 

Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ… Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons… Ces deux paraboles nous révèlent l’existence d’un moment de vérité où se scelle notre sort pour l’éternité : ceux qui sont trouvés à ce moment dans de bonnes dispositions accèdent aux grenier / paniers du Royaume alors que les autres sont soumis à l’épreuve du feu, ce feu étant possiblement celui de l’amour de Dieu qui, d’une part, s’il circule librement à travers ceux qui ont développé la propriété de le laisser se communiquer aux autres par leur entremise durant leur existence de sorte qu’ils resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père (Mt 13, 43) en raison de leur transparence de l’Amour, d’autre part, il échauffe ceux en qui il a trouvé résistance à accueillir / redistribuer cet amour à la manière des rayons du soleil qui échauffent les surfaces foncées. Bonne nouvelle ! Il n’est jamais trop tard pour développer la capacité à aimer ouvrant les portes du Royaume, Dieu étant patient et réservant son jugement pour le moment du terme de notre existence. Appel toutefois à la vigilance de ceux qui seraient sur la bonne voie et seraient tentés de s’en écarter, le jugement portant sur les dispositions du moment où il s’exerce, nous ne pouvons accumuler les grâces à la manière de l’argent dans un compte bancaire.

 

Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde… Le Royaume des cieux est comparable à du levain… Le Royaume des cieux est en expansion et cherche à s’étendre au plus grand nombre possible. Cette expansion est l’œuvre de deux agents : le Fils (dont l’Église est le corps) et l’Esprit. Le Fils est représenté par la graine de moutarde. Plus petite de toutes les semences, on reconnaît bien là l’humilité de celui qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude (Mc 10, 45), enfoui dans la terre suite à sa passion, celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (Jn 14, 6) nous a ouvert les portes du Royaume. L’Esprit est représenté par le levain en ce que son action est invisible mais tout aussi essentielle à l’expansion du Royaume. Impossible d’accéder au Royaume sans l’aide du Fils et de l’Esprit d’Amour.

 

Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ… Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines… L’accès au Royaume a une valeur inestimable mais, comme tout bien de très grand prix, faut-il être prêt à tout sacrifier pour y avoir part, l’Amour exigeant de nous de tout mettre à son service, de ne pas s’approprier les biens matériels et spirituels mais de les mettre au service du bien commun.

 

Tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. L’ensemble des Écritures, Ancien et Nouveau Testaments, en ce qu’ils contiennent la Parole de Dieu, nous indiquent la route à suivre pour espérer accéder au Royaume. « N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Car je vous le dis, en vérité: avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i, ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé. Celui donc qui violera l'un de ces moindres préceptes, et enseignera aux autres à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le Royaume des Cieux; au contraire, celui qui les exécutera et les enseignera, celui-là sera tenu pour grand dans le Royaume des Cieux » (Mt 5, 17-19). Les Écritures forment un tout indissociable, l’Ancien Testament mettant l’accent sur les moyens alors que le Nouveau en révèle l’esprit d’amour qui doit imprégner tout notre agir.

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 02:58

 

 

Participer au culte ne constitue pas une police d’assurances

 

Parole du Seigneur adressée à Jérémie : Tu iras te placer à l'entrée du temple du Seigneur, et tu proclameras ceci : « Écoutez la parole du Seigneur, vous tous, gens de Juda, qui entrez par ces portes pour adorer le Seigneur. Ainsi parle le Seigneur de l'univers, le Dieu d'Israël : Suivez une bonne route, conduisez-vous bien, et je vous laisserai demeurer en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles trompeuses, comme celles-ci : 'C'est ici le temple du Seigneur, le temple du Seigneur, le temple du Seigneur ! ' Si vous suivez vraiment la bonne route, si vous vous conduisez bien, si vous pratiquez la justice entre vous, si vous n'opprimez pas l'immigré, l'orphelin ni la veuve, si, en ce lieu, vous ne condamnez pas à mort l'innocent, et si vous ne suivez pas des dieux étrangers, en provoquant votre perte, alors je vous laisserai demeurer dans ce lieu, sur la terre que j'ai donnée à vos pères depuis toujours et pour toujours. Mais vous vous fiez à des paroles trompeuses, sans valeur : vous pourriez donc voler, tuer, commettre l'adultère, faire des faux serments, offrir de l'encens au dieu Baal, suivre des dieux étrangers que vous ne connaissez pas, et ensuite venir vous présenter devant moi, dans cette Maison qui porte mon Nom, en vous disant : 'Nous sommes à l'abri' ; et vous pourriez continuer toutes ces abominations ! Cette Maison qui porte mon Nom est-elle donc pour vous une caverne de bandits ? Quant à moi, c'est ainsi que je la vois. » Parole du Seigneur.

 

Jérémie 7, 1-11

 

 

Contrairement aux hommes qui se laissent tromper par les apparences, Dieu sonde les reins et les cœurs; et paie chacun selon ses œuvres (Ap 2, 23). Le livre de l’Apocalypse reprend les paroles de Yahvé à Jérémie : « Moi, Yahvé, je scrute le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun d'après sa conduite, selon le fruit de ses œuvres » (Jr 17, 10). Il s’illusionne celui qui s’imagine pouvoir se dédouaner de toute responsabilité pour ses actes répréhensibles par sa seule participation aux activités du culte. Vous vous fiez à des paroles trompeuses, sans valeur : vous pourriez donc voler, tuer, commettre l'adultère, faire des faux serments, offrir de l'encens au dieu Baal, suivre des dieux étrangers que vous ne connaissez pas, et ensuite venir vous présenter devant moi, dans cette Maison qui porte mon Nom, en vous disant : 'Nous sommes à l'abri' ; et vous pourriez continuer toutes ces abominations ! Jésus lui-même reprend le même thème : « Hypocrites! Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit: Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent: les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains » (Mt 15, 7-9).

 

Si les œuvres ont un poids relativement plus important, il s’illusionne tout autant celui qui pense se « payer » une place dans le Royaume par l’entremise de celles-ci ne serait-ce que parce qu’elles sont généralement, et à divers niveaux, entachées par des considérations humaines. Jésus nous met d’ailleurs en garde contre la tentation d’attirer les regards sur nos bonnes œuvres : « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux » (Mt 6, 1). Pis encore, « nous ne faisons pas le bien que nous voulons et nous commettons le mal que nous ne voulons pas » (Rm 7, 19) de sorte que si nous mettions d’un côté nos présumées « bonnes œuvres » et de l’autre les « moins bonnes », la balance pencherait à coup sûr du côté de ces dernières. Heureusement, nous pouvons compter sur l’infinie miséricorde de Dieu pour espérer vivre en sa présence pour l’éternité, les critères pour en bénéficier ne demandant pas d’aptitudes particulières seulement une disposition appropriée du cœur : accueillir la gratuité du salut offert, demeurer humble et ne se glorifier de rien (agir autrement revenant à un crime de lèse-majesté, toute gloire personnelle usurpant une partie de celle qui est due à Dieu seul) et, enfin, par la réciprocité qu’exige la justice : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-37).

 

Enfin, il existe, à l’opposé, des personnes qui prétendent que la participation aux activités du culte est facultative et même inutile puisqu’il leur est possible d’entrer en contact avec Dieu dans le secret de la prière privée conformément à l’instruction de Jésus : « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 6). C’est là faire abstraction de cette autre déclaration de Jésus : « De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux » (Mt 18, 19-20). Qu’y a-t-il à comprendre de cela ? Il y a des grâces différentes rattachées à la prière personnelle de celles rattachées à la prière communautaire et qu’une vie de prière équilibrée doit inclure l’une et l’autre. Plus encore, Jésus nous a légués son Église comme instrument de salut, comme moyen de nous rattacher à Lui selon l’instruction qu’il nous a donnée  « Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5), l’apôtre Paul associant l’Église au corps du Christ (Ép 4, 10-13). Cette Église nous communique la vie divine par les sacrements notamment ceux de l’Eucharistie, « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56) et de Réconciliation, « Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 22-23).

 

Si participer aux activités du culte ne garantit pas l’accès au salut éternel, s’abstenir d’y prendre part nous prive d’une nourriture essentielle à notre vie spirituelle. Ce que Dieu demande c’est de nous efforcer de mener une vie conforme aux grâces et à l’enseignement reçus dans les activités cultuelles sans quoi notre participation à celles-ci demeurera vaine. Les activités du culte sont essentielles à la vie spirituelle mais afin qu’elles portent tout le fruit qu’elles recèlent faut-il encore s’efforcer de ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu (2 Co 6, 1) en conformant notre vie aux enseignements de Celui-ci.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 08:55

 

 

Pas de traitement de faveur pour les amis du Christ

 

La mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. » Les dix autres avaient entendu, et s'indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

 

Matthieu 20, 20-28

 

Frères, nous, les Apôtres, nous ressemblons à des gens qui portent un trésor dans des poteries sans valeur ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu. À tout moment, nous subissons l'épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. L'Écriture dit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous. Et tout ce qui nous arrive, c'est pour vous, afin que la grâce plus abondante, en vous rendant plus nombreux, fasse monter une immense action de grâce pour la gloire de Dieu.

 

Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens 4,7-15.

 

 

Songes-tu à devenir l’ami du Christ afin d’obtenir un traitement de faveur de sa part ? Grande sera ta déception !  Le serviteur n’étant pas plus grand que son maître (Jn 13, 16), la seule assurance que nous ayons est de rencontrer épreuves et persécution sur notre route : « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m'a pris en haine avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tiré du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 18-19). Thérèse d’Avila note avec une touche d’humour : «Seigneur, si c’est ainsi que Tu traites tes amis, je comprends que Tu n’en aies pas beaucoup ! ». C’est d’ailleurs la seule certitude qu’obtiendront Jacques et Jean pour qui leur mère revendique un traitement de faveur : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. » Quoi que nous fassions, nous ne pouvons nous « acheter » une place dans le Royaume des cieux. Ce Royaume nous n’y accédons pas en vertu d’un mérite présumé de notre part mais uniquement en vertu de l’infinie miséricorde du Père céleste. Ce ne sont d’ailleurs pas les initiatives personnelles qui rendent quelqu’un agréable à Dieu mais la promptitude à répondre à l’appel de ce dernier et la gratuité avec laquelle nous agissons : « quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. ' » (Lc 17, 10).

 

Si les épreuves n’épargnent pas le serviteur de Dieu, il a, contrairement à celui qui n’a pas la foi, la certitude que celles-ci porteront du fruit et deviendront source de vie à l’instar du Christ dont la mort sur la croix a débouché sur sa résurrection personnelle et l’ouverture des portes du Royaume des cieux non seulement pour le peuple élu mais pour l’humanité toute entière : Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. C’est le désintéressement du pur amour qui anime l’agir du croyant : Et tout ce qui nous arrive, c'est pour vous, afin que la grâce plus abondante, en vous rendant plus nombreux, fasse monter une immense action de grâce pour la gloire de Dieu.

 

J’ai été témoin hier soir d’un fait divers qui démontre comme en parabole la générosité que Dieu espère du croyant. J’attendais mon tour pour payer mon épicerie quand la deuxième cliente en avant de moi, apparemment peu fortunée et dont c’était le tour, s’est plainte à la caissière d’avoir été chargé un montant plus élevé que celui affiché sur l’étalage du marchand pour une friandise glacée destinée de toute évidence à la soulager quelque peu des effets d’une canicule accablante. Après une discussion brève et polie avec la caissière, la dame s’est résignée à payer la somme exigée. La dame en arrière d’elle, et en avant de moi, est alors partie comme une flèche me disant au passage de passer en avant d’elle. Je pensais qu’elle avait oublié quelque chose et j’ai avisé la caissière de commencer à faire le compte de son épicerie car elle n’allait pas tarder à revenir, ce qui fut le cas. Quelle ne fut pas ma surprise cependant de la voir arriver triomphante avec l’affiche qui indiquait le prix demandé pour la friandise glacée et qui était moindre que celui exigé à la caisse. La pauvre dame fut donc remboursé pour le montant total de son achat ainsi que le prévoit la loi et quand elle voulut remettre une partie de la somme à la bonne samaritaine, celle-ci a décliné l’offre affirmant n’avoir fait là que son devoir. Je n’ai pas pu m’empêcher de rajouter : « Vous paierez au suivant ». Et la samaritaine de conclure : « Faites donc comme dit le monsieur. Pour ma part, quelqu’un me rendra bien service à moi aussi au moment opportun » et, se tournant vers moi : « Désolé d’avoir causé un retard additionnel à la caisse mais je n’ai pas pu m’en empêcher ! »  « La charité me presse d’agir » telle devrait être l’unique leitmotiv du croyant et cela peu importe ce qu’il lui en coûte. Donner sans attendre de retour si ce n’est à son tour de bénéficier de la Providence divine lorsque le besoin se fera sentir. Telle est l’enfance spirituelle : tout donner généreusement d’une main et tendre l’autre pour tout recevoir de son Père des cieux.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:45

 

                                                                                                  

Écouter sans comprendre, regarder sans voir

 

Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

 

Matthieu 13, 10-17

 

 

« Il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » dit le proverbe. À plus forte raison quant il s’agit de la parole de Dieu et que celle-ci va à l’encontre des désirs de ceux qui se laissent guider par leurs passions (2 P 3, 3). Le cœur de ce peuple s'est alourdi. C’est le matériel, le bagage, qui alourdit. Qui s’attache aux réalités matérielles ne peut prendre son envol spirituel. Parfois, il suffit de bien peu de choses : « Qu'importe qu'un oiseau soit attaché d'un fil mince ou d'une corde ? Car, pour fin que soit le fil, l'oiseau y demeurera attaché comme à la corde, tant qu'il ne le brisera pas pour voler » (Jean de la Croix). 

 

« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »  Bon Pasteur parti à la recherche des brebis perdues d’Israël (Mt 15, 24), Jésus s’abaisse à leur niveau et part des réalités matérielles auxquelles celles-ci se sont malencontreusement attachées pour chercher à élever leur esprit aux réalités spirituelles qui échappent à leur entendement. Le disciple qui souhaite porter la Bonne Nouvelle du Salut doit également partir de là où se trouve son auditoire s’il désire attirer son attention et l’amener là où son imagination ne soupçonne même pas l’existence : « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Co 9, 22). Nous nous laissons enfermer dans des paradigmes, une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée) (Wikipedia),  et qui excluent toute autre manière de concevoir les choses. Au plan spirituel il y a un choix fondamental à faire : Dieu ou l’argent (Mt 6, 25).

 

Les disciples ont choisi de suivre Dieu et ce, aussitôt (Mt 4, 20.22), qu’ils y ont été invités. À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. À qui s’engage dans la voie spirituelle, l’Esprit révèle chaque jour davantage des mystères du Royaume des cieux, qui est Dieu, quel est son plan de salut… et cette connaissance va en s’approfondissant si bien que celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance.

 

Inversement, ceux qui prennent le chemin contraire, et s’attachent aux réalités matérielles, se désintéressent graduellement de Dieu et leurs yeux deviennent incapables de voir au-delà du tangible immédiat ce qui n’est pas sans rappeler le proverbe : « Quand le sage montre la lune, le sot regarde de doigt ». À eux s’applique la deuxième portion de la sentence : celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.  Il s’agit d’une manière de s’exprimer car Dieu n’enlève rien, ce sont nos choix qui peuvent nous éloigner de Lui. Le résultat est cependant le même, l’attachement au sensible risque de nous faire perdre tout sens spirituel, nos oreilles devenant dures aux appels à la conversion que le Seigneur ne manque pas de nous adresser : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20). Dieu, qui veut notre bien mais respecte notre liberté ne peut alors que s’en désoler : « Sinon, je les aurais guéris ! ».

 

Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Nous devons nous montrer reconnaissants envers Dieu et ceux qui s’en sont faits les témoins dans notre vie, pour le don de la foi et pour nous avoir ouvert les yeux aux réalités d’En-Haut car nous ne les avons pas découvertes de nous-mêmes mais qu’elles nous ont été révélées.

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